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Hiver dans les Abruzzes.

Dans les Abruzzes, février est le temps du blanc et du loup. Période idéale pour « décrocher » quelques clichés dans l’ambiance hivernale que je préfère.

Quatre heures du matin, me voilà parti avec Eric pour un trajet de 16 heures. Il a déjà neigé dans la région du parc mais, d’après les informations recueillies, la limite est un peu haute, autour de 1500m. Les prévisions météos semblaient favorables pour ce séjour de deux semaines avec un coup de froid et des chutes annoncées. Et c’est avec de gros flocons denses que se fait notre arrivée sur le lieu du séjour qui ne peut mieux commencer. La première nuit dans l’auberge enveloppée de son manteau blanc est bien courte, peuplée des images désirées qui défilent derrière mes paupières closes. L’excitation de ces conditions inespérées facilite le départ tôt le matin pour une longue série de randos, affûts, écoute de hurlements de loups mais aussi de rencontres prévues avec des autorités locales.117

De nombreux moments intenses ont marqué ces deux semaines dans le froid glacial, l’humidité et les tempêtes de neige. Mais j’en retiendrai spécialement deux qui m’ont procuré de fortes montées d’adrénaline.

Enfouis dans un vague igloo, à proximité d’un petit col, sur un passage possible de meute, nous entendons des hurlements au loin dans la vallée, puis le calme. De longs moments passent et des grognements très proches me sortent de la torpeur dans laquelle le froid et l’interminable attente m’avaient plongé. C’est pas vrai ! La meute se glisse sous notre position, à quelques mètres sans nous éventer. Quelle émotion, même s’il n’a pas été possible de faire des photos satisfaisantes !

Un autre moment fort a été l’observation, toute une matinée, d’une meute jouant avec un cheval. Aucune sorte d’agression entre les deux espèces.

Il y eut aussi les rencontres humaines. Les retrouvailles avec des responsables du parc qui deviennent progressivement plus que des collègues me permettent d’avancer sur un projet commun que je vous présenterai plus tard.

Mais surtout la première rencontre avec celui qui est pour moi une référence dans la photo animalière, Bruno d’Amicis. Au-delà de ses valeurs éthiques dans l’approche de ce type de photo, chaque photo de Bruno dégage des impressions qui me font rêver et donne un sens à l’instant saisi.304

Même s’il parcourt le monde pour ses reportages, les Abruzzes lui fournissent toujours autant d’émotions. Et c’est un grand privilège qu’il m’a accordé en partageant une journée sur une zone d’hivernage de cervidés. En limite de forêt, ce sont des centaines de cerfs qui sont rassemblés. Les traces fraîches dans la neige témoignent que nous sommes rentrés sur le territoire d’une meute de loups. Quelle intensité !

« Viviamo in Armonia con la Natura »


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« Viviamo in Armonia con la Natura » peut-on voir sur les entrées du Parc National des Abruzzes. Une telle devise a été oubliée depuis longtemps en France et je ne connais pas un parc ou une réserve qui ose pavoiser ainsi chez nous!

C’est la cinquième année que je vais vivre et résonner au son du brame dans ce magnifique parc. En revenir est chaque fois un déchirement, mais encore plus cette année.

Je suis parti avec le ferme espoir d’observer plus longuement, et dans de meilleures conditions que l’an dernier, les mythiques mais très discrets loups des Apennins. Depuis plusieurs mois, des informations filtrent me portant vers des rêves de belles rencontres.

Les amis montagnards que je retrouve sur place sont dans le même état fébrile que moi. Thierry, Didier, Laurent, Morgane et Eric, sans oublier Sophie et ses précieux conseils, mettrons en communs leurs expériences, passions et ténacités pour rassembler toutes les chances de rencontre de notre côté. Fabien alias « Eliot et les loups », pour les initiés, m’apportera son aide précise pour orienter les recherches.

Et des rencontres il y en a eues, et pas seulement avec les Maremmes, chiens de protection locaux !!! Bien sûr au prix de longs affûts inconfortables, de nuits très courtes et de dénivelés très hard .Pendant 5 jours nous avons pu observer une meute se repaitre sur une carcasse de mule.

Une autre fois, les assauts au cours d’une brame ont été fatals à un cerf. Le relief où avait eu lieu le combat, avec ses vires abruptes, conjugué à l’épuisement, a eu raison de l’équilibre de l’animal qui a fait une chute mortelle. Triste fin pour un éventuel reproducteur mais quelle aubaine pour les prédateurs équarrisseurs ! Je vous soumets quelques images souvenir de ce fabuleux automne 2016.