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Au pays de Dracula.13/08/2016

046-2Enfin nous voilà partis. Après une année de contacts et gestion de pas mal de problèmes d’intendance, arrive la concrétisation d’un rêve. Je vais bientôt toucher les Carpates et commencer mes repérages.

Mais avant d’atteindre la Roumanie, quel périple ! Partis de Perpignan, il nous a fait longer les rives nord de la Méditerranée en traversant l’Italie, la Slovénie et La Hongrie. Après 2 jours de voyage, c’est l’arrivée à Pradeal, à 30 km de Brasov, le cœur des Carpates. Ah oui, pourquoi deux jours de voyage pour « seulement » 2400km ? C’était en bus. J’ai voulu vivre l’aventure dès le départ ! Il fallait ça pour se préparer à la Transylvanie.

Si j’ai opté pour la Roumanie, c’est que le pays abrite la plus dense population d’ours (entre 4 et 6 mille), quelque 2000 loups et autant de lynx. C’est certainement le seul héritage positif de la dictature Ceausescu : l’interdiction de la chasse populaire a grandement favorisé la faune sauvage. Par contre les 100 000 chiens errants estimés, posent un sérieux problème aux écosystèmes naturels, même si pour 20%, ils sont au menu des loups.

Me voici donc, près de Brasov, au cœur de la plus important population ursine du pays. Pour une petite visite dans le Parc de Bucegi grande réserve de Faune sauvage, un contact local, non spécialiste, m’accompagne. La prospection est prudente. Nous restons sur les pistes ; s’aventurer en forêt reste, paraît-il, assez risqué !!!

Les premiers indices de présence sont rapidement découverts : arbres griffés, poils collés aux écorces, empreintes nombreuses fèces. Mais pas de contact direct, donc pas de photo. De toute façon, mon matériel ne pouvait être embarqué dans le bus, au risque d’avoir quelques complications…

C’est après quelques jours, et encore de nuit, à proximité du village où nous résidons, que je croisai enfin le regard envoutant de l’ours tant convoité. Instant fugace mais combien magique ! Il s’était aventuré dans le quartier pour fouiller les poubelles. Une piètre photo avec compact sera la seule trace concrète.

Mais que de potentialités ! Déjà s’ébauche dans ma tête le projet d’un prochain voyage, ciblé, et avec matériel, et là….

Un géant est parti.

Un soir de ce début mars le téléphone sonne. C’est mon ami Gilles de l’ ONCFS. Mauvaise nouvelle: il m’annonce qu’on a retrouvé à Villefranche de Conflent, dans la vallée de la Têt (66), un Gypaète adulte mâle mort sur un chemin. Incroyable! Il y a quelques jours encore on était en surveillance de son aire.
J’ai suivi ce couple pendant des années. J’ai vu les partenaires s’accoupler, changer l’emplacement de leur aire certaines années, fait le suivi de la couvaison puis les soins portés au poussin les bonnes années. Et ces dernières semaines j’ai certainement croisé leur dernier descendant.
C’est une grosse perte dans le processus de recolonisation du massif et au-delà. C’était le couple le plus reproducteur de toutes la chaine des Pyrénées. Pire encore, le poussin né depuis quelques jours grandissait bien. L’absence de son père lui a été fatale car la femelle l’a abandonné. Quelle tristesse! Il ne reste plus qu’à souhaiter que les analyses en cours ne révèlent pas un acte malveillant et que ce coup d’arrêt ne soit imputable qu’à un aléa naturel.
Je l’ai longtemps et souvent regardé évoluer au-dessus des cimes sans lever mon objectif, uniquement en contemplation. Maintenant, seuls les souvenirs de ce géant fabuleux hanteront ma mémoire.
 
Adieu, il y avait plus que de la curiosité naturaliste envers toi!

 

Remerciements!!!

image001DSCN1310 (3)La découverte du site http://pyrenees-monde-sauvage.com/ consacré à la faune sauvage des Pyrénées est pour l’Office National de la Chasse et Faune Sauvage 66 l’occasion de rendre hommage au travail accompli par Alain. Ses photos traduisent sa passion et sa quête insatiables des espèces sauvages les plus emblématiques de nos massifs. Il nous a séduits par son respect de leur environnement tout en cherchant la plus grande proximité avec les biotopes les plus extrêmes. Nous saluons son investissement tenace et impliqué de bénévole. Il se poursuit depuis plus de vingt ans au travers des nombreux comptages de grands mammifères ou de galliformes de montagnes, de suivis de prédateurs et d’entretien de placettes de nourrissage de rapaces nécrophages. Que tes photos, Alain, continuent à nous enchanter et prolongent les instants fugaces vécus dans nos mission

La saison des comptages

  Nous sommes au cœur de l’été et vont débuter les comptages des Galliformes de montagne: grands tétras, lagopèdes, perdrix grises des Pyrénées. Comme les années précédents, je me joins aux techniciens de l’ONCFS pour évaluer les populations et leurs succès de reproduction. Ces espèces sont en déclin et parfois chassables; une connaissance précise de l’état des populations est indispensable.
    C’est souvent après de longues heures de marche, parfois sur deux jours en haute montagne, que nous pistons les lagopèdes. Des chiens d’arrêt, spécialisés dans la recherche de ces espèces, nous accompagnent. Dans des conditions souvent  difficiles, sur des pentes raides, caillouteuses et instables, parfois sous de fortes chaleurs, leur travail formidable et méthodique fait l’objet de toutes nos attentions.
    Les Lagopèdes choisissent souvent les remises les plus retirées et inaccessibles. Le flair subtil de nos collaborateurs à quatre pattes nous permet parfois de les repérer. Dans certains cas, lorsque la compagnie est localisée, des captures permettent la pause de petits émetteurs. Ainsi, lorsque les « lagos » seront tout emplumés de blanc et des plus discrets dans les premières neiges d’automne, il nous sera possible de déjouer leur incroyable mimétisme et de les suivre à distance sans les importuner.
 

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